La langue Japonaise
Ξ mars 31st, 2008 | → | ∇ Non classé |
Je ne compte plus les nombres de fois où on m’a demandé comment marche le système d’écriture en Japonais. Je vais donc écrire un post pour expliquer ce mystère simplement (je vais tout du moins essayer).
=> Ceci n’est évidemment en aucun cas un cours de Japonais on est bien d’accord. C’est une explication rapide et claire (normalement) afin que les gens qui ne veulent pas se lancer dans l’apprentissage du Japonais ai une idée de son fonctionnement
Dans quel sens lire?
Dure dure cette question, on trouve beaucoup de choses. Certaines se lisent comme chez nous, en tournant les pages dans le même sens, et en lisant horizontalement de gauche à droite. D’autres comme les mangas se lisent en partant de la fin (avec notre point de vue bien sûr… ça reste le début de l’histoire
), les bulles se lisant de droite à gauche aussi. Par contre le texte à l’intérieur peut être soit de gauche à droite comme nous, ou de haut vers le bas en lisant les colonnes de droite à gauche. Sinon les livres type romans sont majoritairement en colonne de droite a gauche, les pages partant de la fin. (normalement on se rend vite compte si on ne lit pas dans le bon sens
)
Est-ce que c’est un alphabet?
Le Japonais ne s’écrit pas à l’aide de lettres comme notre langue dans laquelle chaque lettre a généralement un son, qui peut varier si la lettre est couplée avec certaines autres. On a même des lettres qu’on ne prononce pas (fallait l’inventer ça quand même
).
Le japonais s’écrit à l’aide de symboles représentant chacun une syllabe (ou plusieurs pour les kanji comme nous allons le voir). On trouve donc plus souvent le terme de “syllabaire” que d’alphabet.
Combien y a-t-il de familles de symboles?
Il y en a 3 : les hiragana, les katakana et les kanji.
On n’écrit pas du Japonais avec l’une ou l’autre, elles sont toutes mélangées au sein du même texte. Prenons en exemple une phrase très simple:
デイビは バスで 大学に 行きました。
Note: la transcription des symboles dans notre alphabet se fait à l’aide d’une convention appelée “Hepburn” qui associe une ou plusieurs lettres romanes à chaque symbole japonais.
re-Note: j’ai mis des espaces ici pour bien différencier les groupes de mots mais en théorie tout est attaché.
On y trouve les 3 types de symboles : hiraganas en normal, katakanas souligné et les kanji en gras ci dessous.
デイビは バスで 大学に 行きました。
Les HIRAGANA
Ils sont au nombre de 46 (donc 46 sons), formés des voyelles a - i - u - e - o seules ou couplées avec une consonne. Ils ont une forme très cursive et permettent d’écrire principalement les formes grammaticales (particules, mots de liaisons, parties conjuguées des verbes…) ou les mots n’ayant pas de kanji associé (ils peuvent se substituer aux kanji comme nous le verrons par la suite).

Je ne vais pas rentrer dans les détails pour garder les choses simples mais il y a en fait d’autres hiraganas formés à partir de ceux ci-dessus par le biais d’altérations phonétiques et de combinaisons, c’est très simple en regardant bien (ajout de ” ou °).

Cela fait donc un total de 89 sons (ce qui est peut comparé à d’autres langues, d’où la difficulté de retenir le vocabulaire). Beaucoup de mots paraissent très proches lorsqu’on démarre le Japonais (et le restent par la suite
…). Il n’est aussi pas rare de trouver des enchainements de syllabes assez drôles; par exemple, あたたくなかった, atatakunakatta pour dire qu’il ne faisait pas chaud; on ne le prononce pas s’en y laisser une paire de postillons le première fois.
Les KATAKANA
Ils sont au nombre de 46 également et constitue les mêmes sons que précédemment (c’est un syllabaire symétrique au précédent). Ils sont théoriquement utilisés pour écrire les mots d’origine étrangère (majoritairement de l’anglais). Leurs traits sont beaucoup moins cursifs que pour les hiraganas.
Dans ma phrase exemple deibi (デイビ) qui est l’équivalent de “David” et basu (バス) qui est l’équivalent du mot anglais “bus” (anglais et non français car la prononciation bAsu vient de l’anglais, le français serait plus un truc genre bUsu). On peut aussi les trouver dans les mangas pour tout les onomatopées, lorsqu’un personnage hurle, pour insister sur un mot…

Avec exactement les mêmes altérations phonétiques.

La langue japonaise ne comportant pas tous les sons des autres langues, les mots étrangers sont souvent beaucoup (trop…) modifiés afin de pouvoir être écrits, le plus souvent par l’ajout de voyelle entre 2 consonnes successives (la plupart des syllabes japonaises sont consitituées d’une consonne et d’une voyelle). Quelques exemples de mots classiques en katakana :
スプーン = supûn = spoon = cuillière
コンピュータ = konpyûta = computer = ordinateur
フランス = furansu = France
Note : le fait de retranscrire les sons de la langue et non l’orthographe a au moins le mérite d’éviter certains pièges phonétiques de la langue d’origine.
Par exemple le mot マラソン = marason = marathon. Le fait d’etre Francais peut pousser à prononcer un “t” alors que ce “th” se prononce plus comme un “s” en anglais.
Les KANJI
Là faut s’accrocher ça se complique un peu…
Les kanji sont des caractères empruntés à la langue chinoise, un Japonais peut en lire généralement entre 2000 et 2500 mais il y en a beaucoup plus (pas loin de 12000 référencés dans un ordinateur). Au delà de 5000, le mec serait déjà un killer à question pour un champion. Leur traits sont souvent beaucoup plus compliqués que pour les 2 autres types de symboles, un seul kanji peut comporter jusqu’à 28 traits.
Les Japonais ont emprunté ces caractères aux chinois lorsque le Japonais n’était qu’une langue exclusivement parlée (aucun système d’écriture). Il y a des livres entiers pour expliquer comment marchent les kanji, pour faire simplement, un kanji symbolise un idée et possède plusieurs prononciations.
Les prononciations issues du chinois ont donné ce qu’on appelle les prononciations “on” (le plus souvent lorsque le kanji est couplé avec d’autres pour former un mot), les prononciations issues du japonais sont appelées “kun” (souvent lorsque le kanji est seul).
Ils sont utilisés pour écrire les mots communs ou la racine des verbes. Par exemple dans la phrase d’exemple : 行きます (ikimasu) la partie kanji 行 est la racine du verbe “aller” et la partie en hiragana きます est la partie conjuguée à la forme polie présente.
Kanji = idée?
Il paraitrait mais c’est souvent loin d’être évident. Par exemple Japon = 日本 formé du kanji 日 qui veut dire soleil ou jour… et 本 qui veut dire livre ou origine… Du point de vue des Chinois, le Japon se trouve du côté où le soleil se lève, donc son origine.
On peut se servir des ces images pour en retenir certains. Parmi les confusions que je faisait souvent avant de trouver des moyens memo-techniques : 左 (hidari, gauche) et 右 (migi, droite). 口 (kuchi) étant le kanji de la bouche (ou d’une entrée au sens générale) et une partie du kanji de la droite, on pense à la main droite qui porte la nourriture à la bouche.
Combien de prononciations?
Alors ça c’est à se foutre une balle
Un exemple avec le kanji qu’on a déjà vu 日 (qui n’est pas le plus simple je l’accorde).
Japon = 日本 (nihon) où 日 se prononce “ni”
On inverse
: aujourd’hui = 本日 (honjitsu) ou 日 se prononce “jitsu” (rien à voir avec le verlant
)
Synonyme… aujourd’hui = 今日 (kyô) - kanji de maintenant 今 et de jour 日
et bien d’autres… lundi = 月曜日 (gestuyôbi), 2eme jour du mois = 二日 (futsuka), demain = 明日 (ashita), hier = 昨日 (kinô) et j’en passe…
Donc même si tout ces mots on une notion commune (celle du jour), on voit que le même kanji peut avoir une multitude de prononciation (ni, jitsu, hi, bi, ka…). Tout ceci amène un grand nombre de débats interminables sur la meilleure façon d’apprendre tout ça, chacun celle qui lui va le mieux je dirais, tant que ça rentre
Les FURIGANA
Non je n’ai pas menti, il n’y a bien que 3 types de symboles, les furiganas ne sont qu’une appellation, une utilisation particulière de ce qu’on a déjà vu, ce sont les meilleurs amis de ceux qui apprennent le Japonais. Ceci est le nom donné aux hiraganas qui se trouvent au dessus des kanji pour lever toute ambiguïté sur leur lecture (prononciation).
Par exemple en cours de lecture d’un texte en Japonais surgissent des kanji inconnus… pas moyen de les lire sans une recherche dans d’autres sources d’information.

Les furiganas épargnent tout ceci

Si vous avez des questions n’hésitez pas
on avril 1st, 2008 at 2:15
Sympa ces explications, maintenant je sais qu’il y a trop de choses à apprendre 0_o
Avec ça tu mets au moins dix ans avant de sortir tes 1er jeux de mots (le Raymond Devos japonais a du en chier).
Sinon les furiganas ne sont pas trop chiant à déchiffrer? Déjà là ça me parait petit pour bien distinguer les traits alors en version normale…
on avril 1st, 2008 at 15:27
C’est vrai qu’il y en a un paquet à apprendre… mais quand on commence à maitriser c’est vraiment intéressant (c’est pas pour rien que j’ai plus laché les bouquins de Japonais depuis 2 ans! et que je suis ici!!).
Concernant les jeux de mots, je ne dirais pas ça par contre… j’en ai déjà fait 2
Bon comme je ne veux pas faire de concurrence au meusienement mythique “poisson qui frais” de Romu, je ne vais pas les sortir; En tout cas elles ont bien fait rire Akiko (mais elle se foutait de moi je pense
).
on avril 2nd, 2008 at 20:39
Respect.
on avril 3rd, 2008 at 9:55
on avril 4th, 2008 at 18:22
Joli texte, finalement quand on le lit et qu’on sait déjà tout ça c’est assez grisant…
Pour les jeux de mots je pense qu’on en fait assez facilement, il suffit de te planter de prononciation une fois pour faire un jeu de mots, après c’est une question de vocabulaire… Bon généralement c’est pas très élaboré mais c’est un jeu de mots…
on avril 6th, 2008 at 23:01
grisant? c’est à dire? tu te dis que t’aurais pu te mettre à une langue de 26 lettres?
Disons que quand on sait déjà tout ça (enfin “tout” les les kanjis j’en doute fort
même si t’aimais bien ça), on est plutôt content d’en être à ce niveau là qu’au début
Non je parle de “vrais jeux de mots”, mon dernier c’était en voyant un nombre impressionnant d’oiseaux sur une ligne à haute tension, un jeux de mot d’enfer avec yakitori (les “brochettes japonaises”) (yaki = grillé, tori = oiseau). Enfin comme tout blague sortie du contexte, ça le fais moins.
on avril 7th, 2008 at 0:09
Excellent le jeu de mot !
Bon et donc comme je t’ai dit sur msn, mais histoire que tout le monde en profite, grisant n’est pas péjoratif, au contraire.
grisant : qui met dans un état d’exaltation (succès grisant)
on novembre 24th, 2008 at 23:38
tu peux me donné un jeux qui utilisé l’écriture hiragana ?
on novembre 25th, 2008 at 0:07
non désolé je ne connais pas de jeux pour apprendre les hiraganas. J’ai commencé à utiliser la DS bien après pour étudier les kanjis. Je pense que de simples flashcards suffisent amplement pour les hiragana et les katakana. En les révisant tout les jours avec quelques exercices d’écriture, ca vient très vite.
Bonne chance
on juin 26th, 2011 at 20:31
vous m’avez bien donné une idée sur cette magic langue mais il manque l’explication sur l’écriture (alphabet ),la pronounciation et quel est la lague la + utilisé katana ou hiragana ou autre?